Voter et faire voter Emmanuel Macron

Dernière mise à jour jeudi, 27 avril 2017 10:36 Ecrit par Gérard Akoun jeudi, 27 avril 2017 10:36


A l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen, s’est classée en deuxième position derrière Emmanuel Macron. C’est, pour elle, une déception dans la mesure où elle espérait arriver en tête comme avait pu le laisser entendre, les sondages pendant de nombreuses semaines. Par contre, elle peut se féliciter d’avoir augmenté de prés de trois millions de voix le score obtenu par Jean Marie Le Pen en 2002 sans que cela ne provoque le même mouvement de sidération.

En 2002, des manifestations spontanées avaient rapidement suivi pour manifester contre la présence d’un candidat de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle. Un Front républicain, dépassant les clivages traditionnels s’était, naturellement, dressé pour s’opposer à la possibilité fut-elle minime de voir le représentant d’un parti raciste et xénophobe à la tête de la République. Il ne c’est rien passé de tel au soir du 23 avril alors que le Front National est aux porte du pouvoir. Pas de manifestation, pas de front républicain, on a débattu, sans en être gêné, sur les différentes chaines de télévision, avec les représentants du Front National. C’est devenu un parti comme les autres, il ne sent plus le souffre, il a été dé diabolisé.
Je ne vais pas revenir, d’autres l’ont fait déjà, sur le programme économique de Marine Le Pen qui nous isolerait et nous conduirait tout droit dans une impasse, sur son refus de l’Europe, sur les chiffres mensongers qu’elle communique en matière de chômage, d’immigration, sur le coût réel de ses réformes, sur la sortie de l’euro. Elle et ses comparses ne cherchent pas de véritables solutions aux difficultés que subissent les français, ils s’en nourrissent pour se renforcer, pour croitre. Ils cultivent la haine et le rejet de l’autre, responsable de tous les malheurs de la France. L’autre, ce sont les technocrates de Bruxelles, les élites, les immigrés, contre lesquels on dresse les français en difficulté, comme par exemple les agriculteurs.
Je voudrais, dans cette chronique, m’adresser, particulièrement, aux français juifs qui seraient tentés par l’abstention, le vote blanc ou nul ou par le vote pour Marine Le Pen car chaque voix va compter le 7 mai. Il ne leur faut pas oublier que la candidate du Front national a déclaré avant le premier tour qu’elle interdirait les abattages rituels cacher et hallal obligeant ainsi ceux qui respectent ces obligations à se fournir à l’étranger comme le font les juifs qui vivent en Suisse par exemple. C’est une négation du principe de laïcité et du principe de liberté de la pratique religieuse. Il ne leur faut pas oublier ses récentes déclarations qui niaient la responsabilité de la France dans la grande rafle du Vel d’Hiv en se réclamant du gaullisme pour se justifier. Bizarre, quand on sait qu’elle a été élevée dans la haine du Général de Gaulle et du gaullisme.
Madame Le Pen n’est plus la présidente du FN, pour la période de l’entre -deux tours, elle est maintenant, a-t’elle dit, la candidate soutenue par le FN. Elle a choisi pour la remplacer à la tête du parti pendant cet intermède, Jean-François Jalkh, un compagnon de route de Jean Marie Le Pen, adhérent au FN, depuis 1974, qui était présent à ses côtés en 1991 pour assister à une messe en mémoire du Maréchal Pétain et qui en 2005, c’est bien plus grave, avait tenu des propos négationnistes sur les chambres à gaz et la Shoah. Cet émule de Faurisson avait déclaré : « je considère que d’un point de vue technique, il est impossible, je dis bien impossible, d’utiliser le gaz zyklon B dans des exterminations de masse parce qu’il faut plusieurs jours avant de décontaminer un local où il a été utilisé » Cet individu fait partie de la cohorte de fascistes qui entourent, dans l’ombre, la dirigeante du Front National et qui ont toute sa confiance. Ceux qui pouvaient douter encore des véritables sentiments de Marine Le Pen à l’égard des juifs, ont, je l’espère, perdu leurs illusions.
Non, le Front National n’a pas changé. Il reste un parti raciste et xénophobe. Ces propos ignobles, souvent nauséabonds sont monnaie courante quand des militants du Front National, mis en confiance, se lâchent. C’est, bien sur, le racisme anti arabe, anti musulman qui prédomine mais ne nous faisons pas d’illusion nous sommes les suivants sur la liste. On cite souvent cette phrase de Franz Fanon ou du pasteur Martin Luther King à l’intention de leurs militants « quand on parle du mal des juifs, c’est de toi qu’on parle », il en est une autre à l’intention des juifs « quand on parle ou qu’on entend dire du mal des musulmans, dressons l’oreille car l’antisémitisme n’est pas loin ». Marine Le Pen rejette les musulmans mais ne lutte pas contre l’islamisme.
Les valeurs du judaïsme convergent avec celle de la République, elles sont à l’opposé de celles que développe le Front National, un juif, croyant ou pas, qui vient de fêter Pessah qui a rappelé la phrase rituelle « tu aimeras l’étranger, car tu as été étranger dans le pays d’Egypte » ne peut, sans se déjuger, voter pour Marine Le Pen ou s’abstenir ou voter blanc ou nul, ce qui aboutirait au même résultat. Il doit voter pour Emmanuel Macron et contre l’extrême droite, le dimanche 7 mai, il doit faire ce choix responsable, qui n’implique pas une adhésion au projet d’Emmanuel Macron, pour défendre la démocratie et nos valeurs d’humanisme et de fraternité.

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