Un débat violent du début à la fin

Dernière mise à jour lundi, 15 mai 2017 09:06 Ecrit par Gérard Akoun jeudi, 4 mai 2017 03:20


Plusieurs millions de téléspectateurs ont suivi, hier, le débat télévisé entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. On savait que ce débat qui verrait s’affronter les deux finalistes de la campagne présidentielle serait difficile, que les deux adversaires ne s’épargneraient pas mais on pouvait espérer que l’un et l’autre pourraient échanger leurs arguments, sinon sereinement, du moins courtoisement. C’était sans compter avec la vulgarité coutumière de Mme Le Pen.

Tirée au sort pour intervenir en premier, elle attaqua brutalement Emmanuel Macron, je cite : « Monsieur Macron est le choix de la mondialisation sauvage de l’ubérisation, de la précarité, de la guerre de tous contre tous, du saccage économique notamment de nos grands groupes du dépeçage de la France, du communautarisme (…) l’enfant chéri du système et des élites a tombé le masque. » Emmanuel Macron répliqua en l’accusant d’être : « l’héritière d’un nom, d’un parti politique, d’un système qui prospère sur la colère des français depuis tant et tant d’années…. ». Le ton était donné et les échanges furent violents du début à la fin. Ils s’affrontèrent sur l’économie, la protection sociale, la sécurité, sur l’Europe, bien sur, sur l’international et sur les questions de société.
Madame Le Pen voulait démontrer que son adversaire était l’héritier, le complice de François Hollande et lui faire endosser la responsabilité, dans la mesure où il avait été ministre, de la politique menée pendant le quinquennat. Il lui fallait convaincre les électeurs et les électrices de Fillon et de Mélenchon qu’elle représentait la France libre, la France insoumise et qu’elle, Marine Le Pen, tiendrait la dragée haute, aux puissances d’argent, aux européens et aux américains. Elle leur imposerait son programme, ses idées alors que son adversaire, le banquier d’affaires, se coucherait, s’aplatirait devant eux. Elle a asséné ses propositions, bien entendu, sans les chiffrer, elle a consacré la grande partie de son temps de parole à critiquer celles de son adversaire, elle l’a agressé en n’hésitant pas à l’insulter ou à mentir pour donner plus de poids à ses propos. En fait, Madame Le Pen, en voulant, à toute force, assimiler Emmanuel Macron à François Hollande, s’est mise dans la position du challenger face au candidat sortant. Sans le vouloir, je le suppose, elle se mettait en position d’infériorité par rapport à son adversaire. Il est vrai que Mme Le Pen est plus à l’aise dans les meetings que dans les débats où elle peut être contredite !
Emmanuel Macron, un peu surpris au début par l’agressivité de Mme Le Pen a tout de suite compris où elle voulait l’entrainer. Il n’a pas cédé à ses provocations, il a développé son programme, il l’a chiffré, il a étalé les réformes qu’il propose sur la durée du quinquennat. Il a répondu, calmement, aux attaques de la présidente du Front National mais ne l’a pas ménagée, n’hésitant pas à la traiter de menteuse à plusieurs reprises, et à lui rappeler les casseroles qu’elle trainait et ses démêlés avec la justice. A propos du refus de Mme Le Pen de répondre aux convocations des juges il a déclaré, je cite de mémoire : « Vous bafouez les institutions de la République or le président de la République est le garant de ces institutions, comment pouvez postuler à ce poste »
Interrogés après le débat, 63% des téléspectateurs ont trouvé Emmanuel Macron plus convainquant que Marine Le Pen 34%. Il devient difficile pour ceux qui ont suivi ce débat, de dire encore : Marine Le Pen et Emmanuel Macron c’est la même chose, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Peut-on, après avoir suivi ce débat, imaginer Marine Le Pen présidente de la République débattant avec Mme Merkel, Mr Poutine ou Mr Trump ?par contre on peut très bien l’imaginer portant atteinte à nos libertés.
Dimanche 7 mai, aura lieu le deuxième tour de l’élection présidentielle, les sondages donnent Macron gagnant mais l’affaire n’es pas pliée, souvenons nous de ce qui s’est passé en Grande Bretagne et aux Etats Unis. Il faut aller voter contre Marine Le Pen. Voter blanc ou nul, s’abstenir c’est lui donner une chance d’être élue. Il faut voter responsable, il faut voter Emmanuel Macron.

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