Tariq Ramadan démasqué

Dernière mise à jour jeudi, 23 novembre 2017 09:35 Ecrit par Gérard Akoun jeudi, 23 novembre 2017 09:35


Tariq Ramadan tombe du piédestal sur lequel l’avaient placé un certain nombre de journalistes, d’animateurs de télévisons et de radios. Pendant plus de quinze ans, le petit fils d’Hassan El Banna, le fondateur des Frères Musulmans, a pu tenir un discours hypocrite sur l’Islam religion de paix, sur son désir de le réformer, de le sortir de l’obscurantisme, de le moderniser, de faire en sorte qu’il puisse s’adapter à notre société. Pour cela il fallait que la société française, c’est d’elle qu’il s’agit, accepte quelques accommodements avec, en particulier, la laïcité.

On a considéré, en particulier dans les milieux intellectuels de gauche, que les musulmans étaient doublement des victimes : par leur situation passée, ils ont été colonisés, par leur situation présente, ils sont victimes du racisme, de la xénophobie, de la ségrégation sociale et du chômage. Ils sont aux yeux de la gauche, surtout de l’extrême gauche, les nouveaux prolétaires, pire les nouveaux parias. Nous avons à leur égard, disent ils, une dette difficilement solvable, il fallait donc tolérer un certain nombre de dérives d’essence religieuse qui auraient pu, qui auraient du s’estomper avec l’amélioration de leur situation matérielle, et leur ascension dans la société. Ce discours était largement repris. Nous donnions la parole sur les ondes à des interlocuteurs qui nous confortaient dans nos certitudes en prononçant les mots que nous voulions entendre: « réformer l’islam, l’adapter à la modernité » sans dire quel changements y apporter. Si nous nous inquiétions d’une montée de l’antisémitisme ils nous rétorquaient « les victimes du racisme ne peuvent être racistes, quand ils crient à mort les juifs dans des manifestations pro palestiniennes, il faut entendre « à bas Israël qui occupe la Palestine ». Cela suffisait à en rassurer beaucoup. Un ami tunisien, opposant politique, me faisait remarquer qu’il suffisait à un ministre interviewé par un journaliste français d’employer les mots démocratie, liberté, antisionisme pour avoir en retour un article dithyrambique sur la petite Tunisie !
Tariq Ramadan se faisait l’apôtre d’une société multiculturelle alors qu’il est un fondamentaliste qui croit à la suprématie de la loi de Dieu face à la loi démocratique. Il le laissa transparaître quand il expliqua benoitement qu’il était contre la lapidation des femmes, mais que dans la mesure où c’était écrit dans le Coran, on ne pouvait l’en retirer, il proposait donc à tous les musulmans du monde un moratoire que chacun pouvait ou non appliquer. Mais il y eut les attentats contre Charlie Hebdo, Tariq Ramadan avait déclaré, « Je suis pour la liberté d’expression je ne suis pas pour son usage lâche » et d’ajouter « je suis bien sur contre les attentats que je condamne mais je ne suis pas Charlie ». Il y eut les « oui… mais » que beaucoup ont partagé et dont Edwy Plenel se fit le porte parole en critiquant les caricatures. « Je ne pense pas que dans le débat public, on puisse tout prendre à la rigolade, à l’ironie, et la moquerie. La haine ne peut pas avoir l’excuse de l’humour et la moquerie est condamnable si elle s’attaque à des gens, à des identités. ». Edwy Plenel continuait en 2015 à voir en Tariq Ramadan « un intellectuel respectable » et sans « ambigüité ». On peut parler pour le moins d’aveuglement idéologique.
Tariq Ramadan, le gourou des jeunes musulmans, est accusé de viols, de harcèlement, d’autres femmes l’accusent d’avoir profité de son statut pour exercer sur elles une « emprise » mentale. Il va devoir répondre de ses actes devant la justice. Il crie au complot, ses défenseurs crient, évidemment, au complot juif, au complot sioniste. J’aurais préféré qu’il tombe de son piédestal, victime de son ambigüité idéologique qui, pour ce faussaire, consistait à faire croire aux non musulmans qu’on pouvait mettre sur le même plan la charia et la démocratie.

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