Sarkozy candidat !

Dernière mise à jour Dimanche, 19 février 2012 09:39 Ecrit par Gérard Akoun Dimanche, 19 février 2012 09:39

L’intolérable suspense vient de se terminer, Nicolas Sarkozy a avoué : il est candidat à sa réélection. Ne pas briguer un second mandat aurait constitué, à ses yeux un abandon de poste en pleine tourmente. Certes, il aurait pu encore attendre pour se déclarer la troisième semaine de mars, par exemple, comme l’avait fait François Mitterrand. N’avait il pas dit qu’il lui fallait gouverner jusqu’au dernier moment et ne pas se laisser détourner de sa mission par des considérations électorales ?
Pour autant, Nicolas Sarkozy, encore président de tous les français, ne se privait pas, pendant les traditionnelles cérémonies des vœux de nouvel an organisées à Paris et en province, de critiquer le programme du candidat socialiste. Sous l’habit du président perçait, déjà, celui du candidat. Il avait dit, à la télévision, à la fin du mois de janvier « j’ai un rendez vous avec les français, je ne me déroberai pas et franchement ça approche »
Nous y sommes, Nicolas Sarkozy va donc être candidat et président, ce qui était difficilement compatible ne l’est plus ! Ce n’est pas la première fois qu’il se contredit mais il ne pouvait retarder, plus longtemps, son entrée en compétition, pour au moins deux raisons : La première, François Hollande continue à être en tête dans tous les sondages alors que lui est donné second au premier tour et largement battu au second, son camp commence à s’inquiéter de la permanence de son impopularité et sa confiance dans la victoire s’émousse. Sa majorité a des états d’âme, il lui faut donc reprendre la main !! La deuxième tient à sa personnalité, à son tempérament, il s’impatientait, il ne pouvait continuer à « faire Président » alors qu’il ne pensait qu’à engager la bataille contre François Hollande, pour lequel il n’a pas une grande considération et qu’il est persuadé de pouvoir battre parce qu’il est, lui, le meilleur.
Il est sur de pouvoir défaire son adversaire et pour cela, il lui faut refaire 2007 : il doit déstabiliser son adversaire à partir de « trois ou quatre idées fortes » qui permettront de créer le clivage entre la droite et la gauche. Il s’agit de réunir la droite, mais aussi de récupérer cet électorat populaire sensible aux arguments du Front National, cet électorat de Jean Marie Le Pen, qu’il avait su attirer à lui en 2007 et qui, aujourd’hui, déçu, se prononce dans les sondages, pour Mme Le Pen.
Il lui faut faire oublier les promesses non tenues, la montée du chômage, la baisse du pouvoir d’achat, le « président des riches ».Il lui faut persuader le peuple français que la France a tous les atouts pour redevenir forte sous sa direction, s’il peut gouverner cinq ans de plus. Le premier quinquennat aura été utile pour effectuer des réformes nécessaires, mais insuffisantes en nombre, en raison des crises européennes et mondiales, le second permettra de compléter ces réformes et d’en recueillir les fruits. Voila ce dont il essayera de convaincre les français, mais comme il sait qu’ils ne seront, peut être pas dupes, il tentera pour mettre, pense-t-il, la gauche en difficulté de substituer au débat sur l’économie, un débat sur les valeurs. Au cours de son interview sur TF1 hier soir, le candidat Nicolas Sarkozy en a énoncé trois « travail, responsabilité, autorité » et rejeté «l’assistance ».
Président de la République depuis cinq ans, Nicolas Sarkozy découvre que les Français ont été dépossédés du pouvoir, il veut donc redonner la parole au peuple. Il souhaite que les grands arbitrages soient tranchés par le peuple, il va être pris au mot, le peuple va trancher mais il n’est pas certain que ce soit dans le sens souhaité par Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle.


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