Mot d’excuse

Dernière mise à jour mardi, 15 novembre 2011 11:59 Ecrit par Luc Rosenzweig mardi, 15 novembre 2011 11:59

Nicolas Sarkozy vient d’adresser une lettre personnelle à Benyamin Netanyahou, qui lui a été transmise en mains propres par l’ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot.
Dans cette missive, dont la substance a été révélée par le quotidien Yediot Aharonot, le président français se montre très ferme sur la question du nucléaire iranien. Il assure que notre pays mettra toute son énergie diplomatique pour obtenir de la communauté internationale des sanctions renforcées contre le régime des mollahs de Téhéran.
Cette lettre se termine par une phrase manuscrite de Nicolas Sarkozy témoignant de son amitié envers le premier ministre d’Israël.
C’était bien le moins qu’il puisse faire après avoir traité Benyamin Netanyahou de menteur lors un tête à tête avec Barack Obama en marge du G20 à Cannes.
Cela n’explique pourtant toujours pas pourquoi la France a voté en faveur de l’adhésion plénière de la Palestine à l’Unesco, sans en informer ses plus proches partenaires, notamment les Etats-Unis. Ce vote est en totale incohérence avec la position prise par la France au Conseil de sécurité de l’ONU sur la demande d’admission déposée par Mahmoud Abbas. En s’abstenant, Paris a rendu inutile l’usage de son droit de veto par les Etats-Unis, car la demande palestinienne n’a pu obtenir la majorité des deux tiers des membres du Conseil.
On ne peut que se réjouir de voir le président français tenter de corriger sa bévue par un geste qui ressemble fort à des excuses publiques. On peut en effet être en désaccord avec un dirigeant d’un pays démocratique et ami, sans pourtant se sentir obligé d’insulter ce dernier devant le président des Etats Unis.
La relation franco-israélienne a connu des hauts et des bas – rappelons nous de Gaulle en novembre 1967 – mais il est de l’intérêt de Paris comme de Jérusalem de ne pas la perturber par des propos inconsidérés. Ainsi, en dépit de tout ce qui a pu les opposer, Charles de Gaulle et David Ben Gourion ont conservé une estime réciproque intacte.


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