L’essence du progrès

Dernière mise à jour mardi, 19 mai 2015 11:27 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy mardi, 19 mai 2015 11:27

« Réduire notre dépendance au pétrole » : voilà bien le slogan de l’heure, celui qui est claironné avec aplomb par des militants environnementaux chaque jour plus nombreux. Pour les plus radicaux d’entre eux, il serait même impératif d’envisager immédiatement un monde sans pétrole pour sauver la planète. S’ils le pouvaient, ils feraient fermer rapidement tous les sites de forage et interrompraient tous les projets d’exploration.
Certes, la production et la combustion d’énergie fossile constituent une importante source de pollution à laquelle il faut indubitablement remédier. Mais est-il possible d’imaginer l’arrêt complet, ou quasi-complet, de la consommation d’or noir? La réponse est oui, sans la moindre hésitation! Et celui qui oserait prétendre le contraire est soit mal informé, soit de mauvaise foi. Après tout, l’être humain a vécu des milliers d’années sans même connaître l’existence du pétrole. Briser dès aujourd’hui notre addiction au pétrole est donc possible, mais une condition doit être respectée : accepter de vivre comme les paysans du Moyen-âge!
Erreur monumentale
On pourrait croire qu’il suffit de remplacer la voiture par la bicyclette et l’huile à chauffage par l’électricité pour que le pétrole appartienne au passé. C’est une erreur monumentale.
D’abord parce que l’essentiel de notre nourriture est produite grâce à des équipements et des produits (engrais, insecticides, etc.) à base de pétrole, pour être ensuite acheminée à notre supermarché préféré grâce à des moyens de transports qui carburent à l’énergie fossile.
Ensuite, parce que les polymères, l’un des principaux dérivés du pétrole, sont omniprésents dans notre quotidien. Comme ils peuvent être rigides ou élastiques, transparents ou opaques, super absorbants ou imperméables, solubles ou insolubles dans l’eau, thermoplastiques ou thermodurcissables, conducteurs d’électricité ou isolants, ils entrent dans la conception d’une infinité de biens indispensables à notre qualité de vie.
À la maison, le matelas sur lequel nous dormons, la douillette dans laquelle nous nous enveloppons et pratiquement tous les produits nécessaires à notre toilette matinale dépendent des hydrocarbures. Le polyester, le nylon et autres tissus synthétiques, la tuyauterie et l’isolation, les planchers et la peinture, les électroménagers et les appareils électroniques comme les téléviseurs, les ordinateurs et les téléphones, les articles en Téflon, les meubles de jardin et les lentilles cornéennes n’existeraient pas n’eût été de la précieuse substance noire.
En matière de santé, les équipements médicaux, les seringues, les gants de latex, les vitamines, les antihistaminiques, les valves cardiaques, les prothèses, et un grand nombre de médicaments doivent leur existence au pétrole. Même le sirop contre la toux en contient!
Slogans mensongers
Somme toute, plusieurs milliers de produits, certains accessoires, mais la plupart indispensables, disparaîtraient ou deviendraient inaccessibles à la classe moyenne s’il fallait renoncer au pétrole. Ne nous leurrons pas: sans pétrole, la vie telle que nous la connaissons prendrait fin.
Certes, notre confort matériel ne justifiera jamais la destruction de la planète. Mais laisser croire que nous devons choisir entre l’environnement et les avancées de l’être humain est faux. Et revenir à un mode de vie antédiluvien n’a rien de romanesque. C’est une aberration que les marchands d’illusions occultent habilement derrière des slogans fumeux. Exploiter le pétrole proprement ou lui trouver des substituts est possible. C’est l’essence même du progrès. Et c’est la seule alternative viable à considérer!


1 Commentaire

  1. Greg   |  jeudi, 21 mai 2015 à 10 h 20 min

    Superbe article , merci pour ce partage d’informations !

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