Les raisons d’un échec électoral

Dernière mise à jour lundi, 12 février 2018 10:55 Ecrit par Gérard Akoun lundi, 12 février 2018 10:55


Selon le tableau de bord politique mensuel IFOP/Fiducial pour Paris Match et Sud radio publié mardi dernier, les côtes de popularité d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe sont en baisse par rapport à celles atteintes au mois de Janvier. Ils ne sont plus que 48% à approuver l’action du Président de la République (-5points) et 50% celle de son Premier Ministre en baisse de 9 points.
Ce ne sont que des sondages, bien sur, mais ils sont en phase avec les résultats des élections partielles de dimanche dernier, dans le Doubs et dans le Val d’Oise, qui se sont soldées par la défaite des deux candidats LRM au profit des deux candidats Les Républicains qui leur étaient opposés. Il ne faut pas en conclure, trop vite, que « c’est un double désaveu » de la politique menée par le chef de l’Etat, comme le fait Laurent Wauquiez. Les élections partielles sont rarement favorables à la majorité en place et l’abstention est toujours très importante. Mais force est de constater que le Premier Ministre, Edouard Philippe, et le délégué général de la République en marche, Christophe Castaner, venus soutenir leur candidate, n’ont pas réussi à convaincre les électeurs de se déplacer, 80% se sont abstenus, et de bien voter.

Emmanuel Macron avait bénéficié au second tour de la présidentielle, au-delà de ses 23,72% du premier tour, du report de voix d’électeurs de droite comme de gauche, qui ne voulaient de Marine Le Pen à la présidence de la République. Aux élections législatives qui ont suivi, ils ont donné une majorité au président nouvellement élu pour qu’il puisse gouverner. Ces électeurs se situaient dans la logique des institutions de la Cinquième République, mais n’exprimaient pas, pour autant, un vote d’adhésion à ses idées à son programme. Les candidats LRM qui ont été battus dimanche dernier en ont fait l’amère expérience. Ils n’avaient pas ou peu d’implantation locale, ils étaient encore des inconnus pour les électeurs et n’étaient plus portés par l’effet de souffle de la présidentielle. Dans ces circonscriptions qui votaient à droite depuis de nombreuses années, les candidats LR ont retrouvé leur électorat traditionnel et ont bénéficié d’un report de voix du Front National au second tour. Le clivage droite/ gauche qu’Emmanuel Macron voulait voir disparaitre est toujours vivant. Et les candidats LRM ont été surpris, semble t’il, de ne pas bénéficier d’un report de voix d’électeurs de gauche au second tour.
Ce n’est pas sans raison que le président de la République a été qualifié de « Président des riches » : Les réformes fiscales engagées par Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat, se sont faites en faveur des plus riches et sont applicables dés le premier janvier : la suppression de l’ISF, son remplacement par l’IFI et le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital pour ne citer que les plus marquantes. Des mesures ont aussi été prises en faveur des classes moyennes et populaires pour augmenter leur pouvoir d’achat, mais elles s’étaleront sur une année. Les plus notables sont la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables qui se fera en trois temps, la suppression de la part salariale des cotisations sociales d’assurance maladie et de chômage, dés le mois de janvier, qui compensera la hausse de la CSG de 1,7% et une augmentation de la prime d’activité pour les plus défavorisés, 20€ par mois à partir du mois d’octobre 2018.
Les résultats des ces élections, les baisses dans les sondages de popularité constituent des avertissements pour le gouvernement et donc pour le Président de la République. Les électeurs de gauche qu’il faut essayer de rattraper sont déçus par la politique libérale d’Emmanuel Macron. Il n’est pas certain qu’il suffise aux retraités, aux fonctionnaires, aux étudiants aux salariés du privé… d’écouter Emmanuel Macron leur répéter : « Sur tout, je fais ce que je dis, c’est en effet assez nouveau, je ne suis pas là pour gérer, je suis là pour transformer la France et je continuerai au même rythme et avec la même détermination » pour qu’ils soient convaincus de patienter, de taire leurs revendications en attendant la réussite des réformes engagées. C’est jupitérien mais c’est risqué car comme l’a déclaré Christophe Castaner lors de sa conférence de presse de rentrée : « Nous savons que le risque de tous les politiques, c’est de perdre de vue les préoccupations des français, les réalités de ce qu’ils vivent chaque jour ».

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