Les Olympiques de l’absurde

Dernière mise à jour dimanche, 18 février 2018 07:50 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy dimanche, 18 février 2018 07:50


Les Jeux Olympiques 2018 passeront à l’histoire. Pendant que les athlètes s’évertuaientà donner vie à leurs espoirs, les regardsétaientbraqués vers Kim Yo-Jong, la sœur du dictateur nord-coréen, Kim Jong-Un, en visite à Pyeongchang.
Son opération de charme a connu un succès phénoménal. En quelques apparitions à peine, Mme Kim a subjugué la presse mondiale, laquelle a présentéla Corée du Nord sous son meilleur jour et mis l’accent sur le sourire et la beauté de sa représentante.
Sourire

Constater la vitesse à laquelle certains médias perdent l’esprit critiquedevant un sourire, même glacial, est déconcertant.
Pourtant, les circonstances invitaient àl’extrême prudence.
En outre, Mme Kim est directrice du Département de la Propagande et chargée du culte de la personnalité du leader nord-coréen. Son gouvernementa organisé un défilé militaire la veille des JO afin d’exhiber son artillerie et de rappeler à la planète ses ambitions balistiques et nucléaires. Il y a quelques semaines à peine, Kim Jong-Un menaçait ouvertement les États-Unis et la Corée du Sud d’une attaque atomique. Sans oublier que la Corée du Nord est un régime autoritaire qui tyrannise et affame sa population.
Dans ce contexte, toute banalisation, voire «normalisation», du régime nord-coréen est abjecte. Aussi charmante que puisse être Mme Kim, passer sous silence la mégalomanie de son frère et la menace qu’il représente, c’est cautionner un gouvernement qui cultive l’art de la défiance, et c’est abandonner à leur triste sort les victimes de l’une des pires dictatures de l’histoire contemporaine.
Maestria
Les compétitions ne sont pas terminées, mais Mme Kim est déjà la grande gagnante des Jeux de Pyeongchang. Avec maestria, elle a remporté la médaille d’or de la propagande. Devant pareil exploit, elle et son frère sont certainement hilares. Dommage que tous ces commentateurs béats devant Mme Kim ignorent qu’ils sont les dindons de la farce.

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