Le macronisme en marche

Dernière mise à jour jeudi, 7 septembre 2017 09:00 Ecrit par Gérard Akoun jeudi, 7 septembre 2017 09:00


L’euphorie avait gagné les français, après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Il nous avait fait échapper au cauchemar de Marine Le Pen présidente, et pour le remercier, les français, aux élections législatives, lui ont accordé la majorité absolue à l’assemblée nationale afin qu’il puisse avoir les mains libres pour appliquer son programme.il avait tenu ses promesses, la parité hommes/femmes avait été respectée dans le choix des candidats, la société civile était bien représentée, même si en majorité, les députés élus de La République en Marche n’avaient que peu ou pas d’expérience politique.

Emmanuel Macron s’était vite imposé sur le plan international et avait redonné du lustre à la France dans ses rapports avec les Grands de ce monde, avec Poutine à Versailles, avec Trump, la poignée de main est dans toutes les mémoires mais aussi avec Netanyahou. Mais les Français l’attendaient sur le plan intérieur et l’euphorie s’est rapidement estompée. Les nouveaux députés de La République en Marche ont eu du mal à intervenir dans les débats, leur manque d’expérience était patent : ces nouveaux élus n’avaient pas fait réellement campagne pour se faire élire. Ils n’ont pas eu à se battre, à défendre un programme dont ils connaissaient tout au plus les grandes lignes, ils se sont seulement réclamés du président élu ! Les français ont vite compris qu’Emmanuel Macron décidait de tout. Il ne se prend pas pour Jupiter a-t- il affirmé au cours d’une très longue interview accordée au Point, il applique la Constitution de 1958 qui fait du Président de la République, un acteur de la vie politique et plus encore la clé de voute de cette vie politique. C’est lui qui est aux commandes, il n’est donc pas étonnant qu’il puisse dégringoler dans les sondages comme il le fait depuis le mois de juin ou il était crédité de 43% d’opinions favorables, pour descendre à 36% en juillet et se retrouver à 30% à la fin du mois d’aout. Edouard Philippe, le premier ministre, l’accompagne dans cette descente, et ne joue absolument pas le rôle de fusible qui lui est dévolu dans le cadre de la 5ème République.
Emmanuel Macron n’est pas affecté par cette baisse de popularité, il assume les coupes budgétaires, il justifie la diminution des emplois aidés, la baisse de 5 euros de l’allocation personnalisée au logement, l’augmentation de la CSG qui demandera un effort aux retraités les plus aisés ( on l’est au dessus de 1200 euros par mois) en faveur des jeunes et des actifs. Les porte paroles du gouvernement quand ils sont apostrophés dans les médias répondent que tout cela figurait dans le programme des réformes proposées pour diminuer les dépenses de l’Etat et qu’ils sont mandatés pour les appliquer. C’est exact, mais au premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron n’a obtenu que 24,1% des suffrages exprimés, 20% environ des inscrits qui lui ont permis de se maintenir au second tour et de battre Marine Le Pen. Ces 24% d’électeurs font partie des CSP+ les catégories socio professionnelles favorisées, ils sont dans la mondialisation, ils y réussissent ou ils y réussiront. Ils sont armés pour cela. Ils ne savent pas ce que peuvent signifier 5 euros de moins dans un budget déjà très serré. Pour eux, un emploi aidé correspond le plus souvent à une subvention déguisée, ce qui peut, souvent, être le cas, mais pour ceux qui en bénéficient, les chômeurs de longue durée, les exclus de notre société, cela représente au-delà de la somme allouée, une dignité retrouvée, l’impression d’être à nouveau utile, reconnu. Ce coté humain ne rentre pas en ligne de compte. Emmanuel Macron a constaté que ces 5 euros avaient décidément du mal à passer, il a donc appelé les propriétaires à baisser leur loyer de 5 euros ! Cet appel à la charité publique est à mettre en balance avec la suppression de l’ISF pour les placements financiers et le prélèvement forfaitaire unique de 30% pour tous les revenus du capital.
2018 sera l’année des grandes réformes, du grand chamboulement. Les CSP+ les catégories socio professionnelles favorisées qui constituent le socle électoral du Macronisme veulent gouverner la France comme une Start up. Mais la France y est elle prête? Emmanuel Macron veut aller de l’avant très rapidement, mais attention aux grains de sable qui peuvent apparaitre là où on ne les attend pas et tout bloquer.

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