L’accueil des migrants

Dernière mise à jour lundi, 25 décembre 2017 09:14 Ecrit par Gérard Akoun lundi, 25 décembre 2017 09:14


Ce lundi 18 décembre avait lieu la journée internationale des migrants qui commémore depuis 2000, l’adoption de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Comment l’appliquons-nous ? Pendant la campagne des présidentielles, Emmanuel Macron s’était félicité de l’attitude de Madame Merkel dans l’accueil des migrants, il avait déclaré, le 2 janvier 2017 : « la chancelière Merkel et la société allemande dans son ensemble ont été à la hauteur de nos valeurs communes ; elles ont sauvé notre dignité en accueillant des réfugiés en détresse ». C’était avant qu’il ne soit élu Président de la République ! Depuis, le discours a changé, il s’est durci et la politique appliquée est celle de la répression.

Madame Merkel a tempéré son discours, les portes ont commencé à se fermer en Allemagne, me direz vous, mais le 23 juin, le président Macron déclarait encore : « nous devons accueillir des réfugiés, c’est notre devoir et notre honneur » Il était encore dans sa période bienveillante ! Mais, en même temps, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, adressait des circulaires aux préfets, pour qu’ils agissent rapidement contre, l’immigration irrégulière et qu’ils rendent compte des résultats obtenus. Les préfets doivent élaborer un plan de bataille départemental. Il leur est demandé de créer des brigades mobiles pour contrôler les structures d’hébergement d’urgence pour savoir si les individus qui y sont accueillis disposent d’un titre de séjour ou non, s’ils comptent faire une demande d’asile ou non, s’ils sont visés par une obligation de quitter le territoire français, OQTF
C’est la première fois, que l’hébergement d’urgence, géré jusqu’à présent par les affaires sociales, passe sous la coupe du ministère de l’intérieur, que le tout répressif prend le pas sur le social. La sanctuarisation relative de ces lieux qui permettait à beaucoup de sans papiers, souvent avec femmes et enfants d’y résider, disparait. Parmi ces sans papiers, il faut préciser que beaucoup sont dans l’attente d’une réponse à leur demande d’asile. Par méfiance, ou par peur ceux que le secteur associatif avait sortis de la rue risquent d’y retourner et se retrouver en butte aux forces de l’ordre qui ont pour mission d’éviter la reconstitution de campements qui pourraient servir d’appels d’air. Cette dissuasion peut s’accompagner de la destruction d’abris précaires, de lacération de la toile des petites tentes comme à Paris, d’expulsion des lieux sans pouvoir rien emporter. Emmanuel Macron avait promis, cet été « qu’à la fin de l’année plus personne ne dormirait dans les rues, dans les bois. »
Je ne suis pas naïf, je sais que la France, l’Europe ne peuvent accueillir toute la misère du monde….. Encore faut-il traiter tous les migrants y compris ceux qui ne relèveraient pas du droit d’asile avec humanité et dignité. On ne fuit pas son pays, en sachant qu’on risque sa vie dans cette aventure, si on n’est pas déjà menacé de mort ou totalement désespéré. Je suis juif et sans doute plus sensible à la situation dans laquelle se trouvent ces réfugiés qui demandent l’asile politique ou économique et devant lesquels les portes se ferment. Je ne peux m’empêcher de penser à ces juifs qui fuyaient les pogroms, les persécutions nazies, et qui ne trouvaient pas de pays d’accueil, à ces conférences dans lesquelles les puissances de l’époque discutaient de quotas d’admission et se séparaient sans rien décider. Les situations sont très différentes, bien sur, et ne sauraient être comparées. Néanmoins ma gêne demeure. Elle est même partagée par des députés macroniens qui seraient décidés à contester cette politique du gouvernement à l’égard des migrants.
Mais les mesures répressives que voudrait prendre le gouvernement ne régleront pas le problème, tout au plus diminueraient elles, momentanément, le nombre de nouveaux arrivants. Par contre, elles risquent d’attiser les antagonismes. Si les français, si les européens ne veulent pas d’immigrants, ce qui est leur droit, il faudra qu’ils payent pour que les pays, dont ces immigrants sont originaires, puissent se développer et offrir un avenir à leurs habitants.

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