La mauvaise foi de Charles Enderlin

Dernière mise à jour mardi, 12 octobre 2010 03:07 Ecrit par Luc Rosenzweig mardi, 12 octobre 2010 03:07

Ces derniers jours, j’ai eu la désagréable impression d’habiter un pays du genre de la Corée du Nord ou de cette défunte RDA que j’ai bien connu naguère. L’écho médiatique massif et d’une complaisance inouïe donné au dernier livre de Charles Enderlin «  Un enfant est mort » s’apparente en effet aux pratiques en vigueur dans les pires dictatures totalitaires.
Que Charles Enderlin défende son point de vue sur sa version de l’affaire dite Al Dura, objet d’une controverse qui dure maintenant depuis plus de dix ans ne me choque pas. Qu’il le fasse en calomniant bassement ceux qui mettent en doute sa version de l’enfant tué et de son père grièvement blessé par des balles israéliennes relève, hélas, d’une mauvaise foi alimentée par la mauvaise conscience. Mais c’est le jeu de la liberté d’expression dans les limites de la loi, et celle-ci ne saurait être remise en cause.
Mais ce qui est tout simplement insupportable, c’est que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec Charles Enderlin ne sont jamais sollicités de donner leur avis. Richard Prasquier, président du CRIF, Philippe Karsenty, relaxé dans le procès en diffamation que lui avait intenté France 2, ou encore Elie Barnavi ou Pierre André Taguieff, qui se sont penchés sur la question auraient pourtant des choses intéressantes à dire sur le sujet.
Ainsi, Charles Enderlin peut tranquillement dévider ses contre vérités en répondant à des journalistes complaisants et souvent totalement ignorants du sujet qu’ils abordent. Il se présente en victime d’un complot politique de la droite israélienne et des néo-conservateurs américains visant à le décrédibiliser en raison de ses analyses du conflit proche oriental. C’est absurde quand on connaît les idées sur la question de quelques uns de ses critiques comme Elie Barnavi ou Alain Finkielkraut.
Que faire devant ce matraquage à sens unique ? Pas grand chose, hélas, sinon manifester sa désapprobation devant de telles méthodes auprès des médias qui les mettent en pratique. Et rester persuadé que la vérité finira bien, un jour, par se frayer un chemin en dépit des obstacles placés sur sa route.



11 Commentaires

  1. Zorana   |  jeudi, 14 octobre 2010 à 22 h 44 min

    Voilà des années que vous et vos amis de Causeur poursuivez Enderlin de vos accusations. Je n’ai pas vu que vous lui ayez offert beaucoup d’occasions de vous répondre. Le site d’Elisabeth Lévy a-t-il publié ne serait-ce qu’un article favorable à Enderlin ? Idem pour Actualité Juive, idem pour Radio J, idem pour le site du CRIF… Charles Enderlin écrit un livre pour faire valoir sa version des faits. Quoi de plus normal ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas en Corée du Nord. Tous les supports que je viens de vous citer, et d’autres, vous ouvrent leur colonnes pour critiquer le livre d’Enderlin, l’examiner, le réfuter, en démontrer cette mauvaise foi que vous lui reprochez. Le seul problème est que vous ne le ferez pas. Vous préférez asséner la thèse selon laquelle il vous serait interdit de vous exprimer. Peut-être au fond, vous ne souhaitez pas un réel débat contradictoire…

  2. Dédé   |  jeudi, 14 octobre 2010 à 22 h 56 min

    A Zorana

    Pourriez-vous me dire en revanche si sur TF1, France 2, France 3, Canal+, M6, ou bien Europe 1, RTL, RMC INFOS, etc, vous auriez eu vent de la thèse de Luc Rosensweig ?

    La réponse est non, par conséquent, soyez objective dans vos analyses d’autant que les médias que vous citez, si vous les connaissiez, sont beaucoup plus ouverts aux débats que vous ne le pensiez.

  3. fratty albert   |  vendredi, 15 octobre 2010 à 9 h 20 min

    Et maintenant, il pleurniche…
    « Avec ou sans ce livre, cette campagne va continuer, parce que c’est mon travail, mes livres, c’est moi, qu’ils visent. »
    Décidément, Charles Enderlin n’en démord pas. Certain d’être la malheureuse victime d’une campagne de dénigrement, pire voire d’une conspiration, le journaliste de France 2 propose un nouveau livre qu’il consacre non pas à l’affaire, montée de toutes pièces, de l’enfant palestinien “assassiné par les soldats de Tsahal” le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim mais à l’autopsie d’une pseudo-calomnie à son égard.
    Et bien entendu, c’est absolument sans surprise que le livre est salué en France comme un ouvrage courageux contre un puissant lobby pro-israélien visant à délégitimer son auteur. Et les critiques contre la communauté juive de France qui conteste dans son ensemble la théorie d’Enderlin qui n’apporte toujours absolument aucune preuve concrète à ce qu’il avance, se multiplient. On y parle d’une campagne haineuse, insultante et pourquoi pas, menaçante.
    Là, franchement, Charles Enderlin, vous devriez calmer l’ardeur de vos supporters. Vous êtes et vous demeurez le seul et unique responsable de cette affaire montée de toutes pièces. Enfin un scoop de France 2, enfin un scoop d’Enderlin!
    Mais le mal que vous avec fait à Israël, à nos enfants soldats de Tsahal est définitif et impardonnable.
    On ne vous aime pas en Israël, M. Enderlin. Certains même vous détestent. Inutile de pleurnicher encore et toujours. Voyez-vous, l’écrivain Amos Oz interrogé sur le site Israel Valley disait “Je partage ma vie entre deux activités, raconter des histoires et dire au gouvernement israélien d’aller au diable”. Et bien moi, si petit suis-je, je ne retiendrai que la seconde partie de cette phrase : “Allez au diable, Charles Enderlin et emmenez-vous avec vous tous ces misérables qui soutiennent vos mensonges et s’attristent de vous voir pleurnicher!”
    A 18 euros l’exemplaire, “Un enfant est mort”, probablement un grand succès en librairie, vous incitera certainement à poursuivre cette polémique qui vous fait tant de bien. Car enfin, le but essentiel de votre vie n’est-il pas que l’on parle de vous, encore, encore et encore.
    Personne ne nous enlèvera l’idée que vous n’êtes pas un journaliste honnête et que jamais, jamais, les décisions d’un quelconque gouvernement israélien, soit-il de gauche, ne trouveront grâce à vos yeux, ni à ceux de vos employés ou de vos amis.
    Allez au diable, Enderlin!

  4. Lipo   |  samedi, 16 octobre 2010 à 11 h 16 min

    Bien sur la sacro sainte liberté d’expression fait le jeu de ce pouvoir d’audimat qu’est la presse; Au nom de cette liberté ont peut tout dire et tout faire; On peut montrer des hommes descendre d’une corde sur le pont d’un bateau, se faire pacifiquement agresser à coup de barre de fer, se faire poignarder, se faire jeter par dessu bord, être pacifiquement au centre d’un lynchage et oser commenter qu’il n’y a eu qu’une agression pacifique!!!!!
    Pourtant tout le monde a vu cette sauvagerie qui a obligé ces jeunes soldats à faire feu ou à mourrir, comme les deux soldats égarés à Ramalah et dépecés par cette populace sanguinaire.
    C’est de l’information et tous ces fumiers qui approuvent et rajoutent une couche.
    L’affaire Al dura est ambigue et quoi qu’en dise cet imondice d’Anderlin je ne croirais à sa thèse que quand il aura donné les rushs non épurés de son caméraman palestinien, toutes les images qui peut être sont alors à même soit de semer un doute soit de désigner les vrais coupables.. Et pas forcément les israéliens; la soupe est bonne à France2 il fait téllement bon vivre en Israël que cet israélien renégat s’y accroche.

  5. Leconte Samir   |  samedi, 16 octobre 2010 à 21 h 22 min

    A Zorana : Ce que vous écrivez n’a aucun sens. Les médias que vous citez comme ouvrant leurs colonnes à la thèse selon laquelle Enderlin s’est livré à une mystification ne sont que des médias communautaires juifs, qui concernent-ils ? Tous les autres médias français grand public n’ont même jamais présenté cette thèse, alors qu’elle repose sur les analyses et avis circonstanciés de nombreux experts, et se se contentés de la récuser, des années plus tard, en la faisant passer pour un complot contre Enderlin ou l’une de ces théories absurdes circulant sur Internet (comparaison avec les théories « négationnistes » du 11 septembre, etc.). La presse du grand pays démocratique que la France prétend être aurait dû au moins montrer par exemple l’extrait de la vidéo où l’on voit le petit Mohamed, mort sous les balles des soldats israéliens d’après le commentaire d’Enderlin, regarder la caméra en souriant et remuer la jambe. Le public français aurait alors pu se faire librement une opinion. Non, la référence à la Corée du Nord n’est décidément pas exagérée.

  6. Zorana   |  lundi, 18 octobre 2010 à 14 h 36 min

    @ administrateur

    Y-a-t-il un modérateur sur ce blog ? La dernière phrase du commentaire de Lipo, ci dessus ( « Peut être un jour y aura t-il une balle perdue qui nettoira la planète de ce chancre… ») ne me paraît pas admissible. Ce n’est ni plus ni moins qu’un appel au meurtre, susceptible de faire l’objet de poursuites devant les tribunaux correctionnels. Supprimez ce commentaire !

  7. Esther   |  lundi, 18 octobre 2010 à 14 h 59 min

    Je ne partage pas l’avis de Zorana, et pourtant les propos de Lipo sont inacceptables.
    Mais je crois que le modo du blog a déjà supprimé la dernière phrase de son post.

  8. Zorana   |  lundi, 18 octobre 2010 à 15 h 00 min

    Exact, esther ! ça été rapide…

  9. Edmond   |  mardi, 19 octobre 2010 à 12 h 18 min

    La liberté de penser doit nous permettre de dire ce que l’on veut sans se voir menacer de se prendre une balle, qu’elle soit perdue ou pas.

    En revanche Zorana, vos propos ne me paraissent pas justes, en tant qu’avocate d’Enderlin et notamment de France 2, qui eux ne permettent pas le débat sur cette histoire.

    Les médias juifs que vous citez, ont déjà débattus depuis longtemps sur ce sujet.

  10. Arlot   |  mercredi, 20 octobre 2010 à 7 h 35 min

    L’opération filmée et les photos de Paris-Match montrent à l’évidence le sacrifice volontaire, devant les objectifs complaisants et complices d’un enfant par son père. ( action souvent rétribuée ).
    Avant les tirs de civils palestiniens, l’enfant était derrière son père ,puis devant lui : pourquoi ? Il fallait un martyr filmé. Les traces de balles dans le mur venaient de la droite ? étrange ! ………
    C’était très courant , que les jeunes lancent des pierres ,sur demande , que lorsque la Presse était sur place…….se mélangeant parmi eux des civils tirant puis s’esquivant……
    Ces faits m’ont été rapportés par un photographe de « Gamma  » travaillant sur zone.

  11. Charlotte de monaco   |  lundi, 04 septembre 2017 à 19 h 39 min

    Enderlin est un extrémiste égocentrique qui ne se remettra jamais en question. Il est cliniquement malade.

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