La fin du déni

Dernière mise à jour vendredi, 27 avril 2018 07:59 Ecrit par Gérard Akoun vendredi, 27 avril 2018 07:59


Trois cent personnalités issues de divers horizons, politiques, littéraires, artistiques ont signé un manifeste paru dans le Parisien daté du dimanche 22 avril 2018 pour dénoncer « l’antisémitismemusulman » un « nouvel antisémitisme » qui provoquerait, le conditionnel est de la journaliste du Monde, qui rapportait l’information« une épuration ethnique à bas bruit » dans certaines zones d’ile de France à l’encontre des familles juives.

Parler « d’épuration ethnique » même à bas bruit peut paraitre excessif, mais cette journaliste semble ignorer ou mettre en doute le fait que des milliers defamilles juives, ont quitté la France pour émigrer vers un autre pays ou ont effectué une migration intérieure parce qu’elles étaient menacées par des islamistes radicaux.Elles ont, quand elle en avait les moyens, quitté en région parisienne, certaines banlieues, certaines cités pour venir vivre à Paris car elles pensaient y être plus en sécurité. Leurs enfants avaient été obligés de quitter l’école publique, l’école de la République,sur les conseils de l’administration scolaire qui ne pouvait plus y assurer leur protection. Ils sont allés grossir les effectifs des écoles confessionnelles qui avaient l’avantage d’être sous protection policière. Ces français juifs avaient surtout l’impression d’être seuls face à cet antisémitisme de type nouveau que la société française ne voulait pas reconnaitre car elle avait du mal à admettre que des musulmans, eux-mêmes victimes du racisme, puissent être racistes. Pendant une longue période ces violences contre les juifs furent attribuées à l’importation, en Frace, du conflit israélo palestinien.Il fallut malheureusement que des attentats se produisent en France, qu’ils frappent indifféremment des français de toutes origines et pas seulement des cibles juives pour qu’on prenne la mesure de ce terrorisme.
L’Etat, les gouvernements qui se succédèrent assumèrent leur responsabilité vis-à-vis des juifs de France, des phrases très fortes furent prononcées : « La France sans les juifs de France ne serait plus la France », les écoles, les synagogues, les centres culturels furent placés sous protection, mais une crainte tourmentait ces juifs, devraient ils seuls assumer la lutte contre l’antisémitisme ? je pense que chaque juif en se rendant à la marche blanche en hommage à Mireille Knoll s’est interrogé : «serons-nous seuls ? » nous ne l’étions pas.La lutte contre ce nouvel antisémitisme, sans négliger pourautant l’ancien, doit être celle de tous les français qu’ils soient juifs, chrétiens, musulmans, croyants ou incroyants. Ce manifeste quel’AFP a jugé virulent a le mérite de mettre en lumière la dangerosité de l’antisémitisme musulman pour toute la société et pour les musulmans eux-mêmes.Certaines formulations sont maladroites, mais on ne peut plus fermer les yeux.Il met fin au déni.
Trente imams » indignés » ont répondu mardi dans une tribune publiée dans le journal Le Monde. Ils y ont exprimé, d’abord, « toute leur compassion pour nos concitoyens qui ont été touchés directement ou indirectement par le terrorisme et les crimes antisémites qui ont frappé aveuglément notre pays. Ils ont précisé ensuite : « Sinous avons décidé de prendre la parole, c’est parce que la situation pour nous devient de plus en plus intenable et parce que tout silence de notre part serait désormais complice et donc coupable……Nous sommes indignés en tant que français touchés par ce terrorisme ignoble qui nous menacent tous. Noussommes indignes en tant que musulmans comme le reste de nos coreligionnaires musulmans paisibles qui souffrent de la confiscation de leur religion par des criminels » ils ont ajouté « notre indignation est aussi religieuse en tant qu’imams et théologiens qui voyons l’islam tomber dans les mains d’une jeunesse perturbée, ignorante et désœuvrée. Une jeunesse naïve, proie facile pour des idéologues qui exploitent son désarroi. Depuis plus de deux décennies, des lectures et des pratiques subversives sévissent dans la communauté musulmane, générant une anarchie religieuse, gangrénant toute la société » ce discours de vérité tranche avec celui d’un Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris qui a ,déclaré en réponse au manifeste : « le procès injuste et délirant d’antisémitisme fait aux citoyens français de confession musulmane et à l’islam de France présente le risque patent de dresser les communautés religieuses entre elles. Dalil Boubakeur et d’autres personnalités musulmanes restent dans le déni.Tout est amour dans l’Islam ! Alors que chacune des trois religions monothéistes peut trouver dans soncorpus des textes qui sontviolents, racistes et des textes qui prêchent l’amour du prochain.
Il était maladroit de la part des signataires du manifestede demander je cite : « que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens, des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques. Cette demande est impossible à satisfairedans la mesure où les versets du Coran, révélation divine, ne peuvent être abrogés. Ils peuvent par contre être interprétés par rapport à notre époque et à nos sociétés. Et tout dépend des choix que l’on fait dans ce que l’ont veut enseigner ou transmettre. Ces deux textes sont importants ils ont pour objectif la défense de la République et de la laïcité.

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