Flambée de violences à Gaza et dans le sud d’Israël

Dernière mise à jour dimanche, 3 juin 2018 05:39 Ecrit par Gérard Akoun dimanche, 3 juin 2018 05:39


La journée de mardi a été marquée par un vague de violence du niveau de celles qui ont eu lieulors de l’opération« bordure protectrice »en 2014. Plus de de soixante-dix obus de mortier et de roquettes ont été tirés sur le sudd’Israël obligeant les habitants à se réfugier dans les abris, et même pour certains à y dormir. L’armée israélienne a riposté en bombardant des sites militaires du Hamas et du jihad islamique à Gaza.

Il semble que ce soit le Jihad islamique qui serait à l’origine des bombardements, il voulait venger la mort de trois de ses membres tués, quelques jours auparavant, par les israéliens. Il est responsable, en particulier de l’obus de mortier qui a frappé la cour d’un jardin d’enfant, heureusement en l’absence des enfants, donc sans faire de victimes. Un responsable du jihad nie, dans ce cas précis, toute intention meurtrière en déclarant je cite « les tirs de mortier ne sont pas intelligents, on ne peut pas savoir précisément où ils tomberont, on n’a pas visé l’école » Raison de plus pour ne pas tirer sur des populations civiles qui ne vous attaquent pas ! Le correspondant du Monde livre à ses lecteurs cette explication du responsable du Jihad sans aucune réserve. Elle a dû lui sembler logique à moins qu’il n’ait voulu, compte tenu du parti pris dont il fait preuve dans ce conflit, article après article, répondre par avance aux critiques que subiraient les palestiniens
Les raisons évoquées par l’organisation terroriste sont elles suffisantes pour justifier cette escalade de violence, alors que ses dirigeants savaient pertinemment qu’Israël riposterait violemment contre le Hamas, dans la mesure où il considère que le Hamas gouvernant Gaza est responsable des provocations du Jihad à l’²encontre d’Israël ? Une autre explication est plausible : le Jihad est lié à l’Iran qui le subventionne et le fournit en armes, il se pourrait que les iraniens lui aient demandé de réactiver le front sud en Israël pour diminuer les pressions que font les russes sur eux, pour les éloigner du plateau du Golan. Les israéliens considèrent comme un casus belli la présence de milices iraniennes à moins de quarante kilomètres de leur frontière nord, ils préféreraient, y voir les troupes syriennes de Bachar El Assad, sous obédience russe. Un point de vue que les russes partagent.
Le Hamas, après avoir laissé agir le jihad, puis l’avoir soutenu en bombardant aussi Israël, a subi les bombardements de ses sites militaires. Il a cherché une porte de sortie rapide, Il ne voulait pas perdre les bénéfices médiatiques qu’il a tiré des manifestations le long des barrières de protection de la frontière avec Gaza, du nombre de morts et de blessés, victimes des tirs israéliens. Les bombardements aveugles de populations civiles ont provoqué un retournement de l’opinion internationale en faveur d’Israël. Le Hamas et le jihad ont été unanimement condamnés, y compris par la France ! Le Quai d’Orsay a attendu, néanmoins, la deuxième salve de roquettes pour se prononcer : « le territoire israélien a été la cible ce 29 mai de tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza. La France condamne ces tirs inacceptables qui ont visé des cibles civiles, heureusement sans faire de victimes. L’attachement de le France à la sécurité d’Israël est indéfectible. La France condamne le recours à la violence, incompatible avec un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien. La relance d’un processus crédible nécessite que toutes les parties y renoncent. »
Le Hamas s’est déclaré sous la pression et avec le soutien de l’Egypte pour un cessez le feu immédiat. Mercredi matin le cessez le feu est entré en vigueur, le Jihad s’est engagé aussi à le respecter, Israël n’a rien signé mais les représailles se sont elles aussi arrêtées. Aucun des protagonistes ne voulaient, semble-t-il mettre le feu aux poudres mais il faut si peu de choses pour que cette région s’embrase. Nous savons tous que dans cette région du monde le politique et le religieux sont mêlés de façon inextricable et là se situe le problème. Yshayahou Leibovitz soulignait déjà, en son temps, les dangers de cette confusion.
Gaza ne peut plus rester dans cet état, le blocus doit être desserré, des tractations indirectes ont lieu entre Israël et le Hamas par l’intermédiaire de l’Egypte et du Qatar. Le Hamas est demandeur d’une trêve à long terme, plusieurs années, une « Houdna » en arabe, pourquoi Israël, sous certaines garanties, n’en prendrait-il pas le risque ?

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