Donald Trump, un an déjà

Dernière mise à jour dimanche, 12 novembre 2017 05:58 Ecrit par Gérard Akoun dimanche, 12 novembre 2017 05:58


Le huit novembre 2016, en battant Hillary Clinton à l’élection présidentielle, Donald Trump a déjoué la plupart des pronostics, surtout en Europe et en particulier en France où son adversaire démocrate était donnée gagnante. Il était inimaginable qu’un candidat, qui développait dans ses discours des idées populistes, nationalistes, réactionnaires, isolationnistes, climato sceptiques, qu’un candidat qui n’hésitait pas à travestir la vérité puisse succéder à Barak Obama. Il aurait fallu se souvenir que les Etats Unis ne se limitent pas à leur bordure atlantique et à leur bordure pacifique, ces régions que les européens connaissent le mieux ; il fallait savoir qu’aux Etats Unis, il suffisait d’obtenir la majorité au sein du collège électoral des Grands Electeurs pour être élu président des Etats Unis. Donald Trump a obtenu moins de voix au suffrage universel qu’Hillary Clinton, mais il remporté l’élection !!

Pendant toute cette année, Donald Trump s’est montré fidèle à l’image qu’il avait présentée au public américain, il continue à tweeter frénétiquement sur tous les sujets, il est agressif, tonitruant, impulsif, il a pris des décisions qui n’ont pas été toutes suivies d’effet. Certaines ont été bloquées par les tribunaux ou par le Congres. Citons en deux, parmi les plus emblématiques, une des premières fut l’interdiction d’entrer aux Etats Unis, aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, pour quatre vingt dix jours, elle en en est à sa troisième version, les deux premières ayant été rejetées par la justice. Donald Trump avait justifié cette décision en déclarant : « je mets en place de nouvelles mesures de contrôle pour maintenir les terroristes islamistes radicaux hors des Etats Unis, nous ne voulons pas d’eux » L’Afghanistan ne figurait pas sur sa liste et les terroristes afghans qui ont commis des attentats sur le sol américain y séjournaient depuis déjà de nombreuses années. Une seconde, la réforme de l’Obama care qu’il veut abroger, alors qu’il fournit une couverture sociale à des millions d’américains. Une promesse de campagne qu’il veut tenir mais pour laquelle il n’arrive pas à obtenir, au sein du Congrès l’accord de tout le camp républicain.
Le Président est climato sceptique, il ne croit pas au réchauffement climatique, il appliquera son slogan de campagne « L’Amérique d’abord ». La première victime sera l’accord de Paris sur le climat dont il décide de se retirer car, dit il : « cet accord est mauvais pour les travailleurs et l’économie des Etats Unis et il offre aux autres nations un avantage déloyal ». Pour renforcer la compétitivité des entreprises américaines il ramènera, dans le prochain budget, l’impôt sur les sociétés de 35 à 20% ; pour préserver le secteur pétrolier et le nucléaire il diminuera les aides qui avaient été accordées aux énergies renouvelables, tout en ne touchant pas aux avantages fiscaux liés à l’exploitation du pétrole et à l’industrie nucléaire. C’est une politique énergétique en opposition à celle qu’entreprend de mener l’Union Européenne.
Sur le plan diplomatique, Donald Trump a décidé de ne pas quitter l’Otan, mais il a demandé aux européens de payer pour leur propre défense, tout en lui en laissant le leadership. Ils ont accepté mais, la politique de Donald Trump n’est pas très lisible. C’est là que le bat blesse car il balance entre deux options contradictoires, l’isolationnisme ou le multilatéralisme, « l’Amérique d’abord » pour plaire à son électorat blanc ou « redonner à l’Amérique sa grandeur »? ( Make america great again) Donald Trump est il de taille pour négocier avec Poutine ou avec XI Jinping ? Dans le conflit syrien il semblerait qu’il ait déserté le terrain et laissé à la Russie, alliée avec l’Iran, le soin de régler les problèmes en Syrie alors qu’il réclame de nouvelles sanctions contre le régime iranien qui ne respecterait pas l’accord signé en 2015. Cet homme est imprévisible. Dans sa relation avec la Chine, le pragmatisme prédomine dans la mesure où les américains ont une dette colossale vis-à-vis de la Chine. Mais que pourrait-il se passer en cas d’une grosse provocation de Kim Jong- un ? Nul ne peut affirmer, aujourd’hui, que Trump n’utiliserait pas l’arme atomique. Aux Etats Unis, aucune loi ne lui interdit de décider tout seul !
Pendant sa campagne électorale, Donald Trump s’était engagé à déménager l’Ambassade d’Israël à Jérusalem, une année est passée, elle est toujours à Tel Aviv. Il serait donc capable de mesurer les conséquences de ses décisions. C’est tant mieux.

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