Conférence de Paris, 15 janvier 2017 : Suite logique de la Résolution 2334 du Conseil de sécurité

Dernière mise à jour lundi, 16 janvier 2017 11:29 Ecrit par Dora Marrache lundi, 16 janvier 2017 11:29


Mesdames et Messieurs qui avez répondu à l’appel de la France pour condamner tous en chœur l’État juif et pour répondre à l’appel désespéré de Abou Mazen en proclamant la création de l’État palestinien, prenez garde : vous allez commettre une erreur d’une gravité sans précédent car, de toute évidence, vous ne semblez pas avoir pris conscience des conséquences d’une proclamation unilatérale. En attendant, Abbas se frotte les mains, il jubile, car son plan fonctionne parfaitement.

Déjà, en octobre 2014, Netanyahou vous avait mis en garde contre la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien qu’il qualifiait de « grave erreur ». Vous êtes choisi de passer outre sa recommandation et un très grand nombre de pays européens dont la France ont reconnu l’État palestinien, persuadés qu’en donnant satisfaction aux Palestiniens, Daesh la mettrait en veilleuse. Et Laurent Fabius avait précisé que, si d’ici 2016 les négociations n’aboutissaient pas à la création d’un État, la France reconnaîtrait officiellement l’État palestinien avec pour frontières la ligne d’armistice d’avant 67 et Jérusalem-est pour capitale.

Pourtant, en dépit de cette reconnaissance – symbolique, il est vrai, dans le cas de la France- les actes terroristes se sont multipliés et il est évident qu’ils ne présentent aucun lien avec la Palestine. Mais Le Sieur Abbas, le militant pour la paix, l’Aristote palestinien, comptait bien exploiter à son avantage ces attentats. Il vous a affirmé à maintes reprises que vous éradiquerez le terrorisme si vous réussissez à donner leur État aux Palestiniens. Comment mettre en doute ses promesses?

Comme vous êtes des alliés inconditionnels du peuple dit « palestinien » et que vous l’avez prouvé à chacune des étapes de la réalisation de son plan, il veut, avec la Conférence de Paris, obtenir votre consentement pour la création de l’État palestinien. Force est de constater qu’Abbas suit un plan très logique.

En effet, résumons ce qu’il a obtenu des puissances occidentales :

– Étape 1: Reconnaissance de l’État palestinien en tant qu’État arabo-musulman judenrein.

– Étape 2 Islamisation de la Judée-Samarie et de Jérusalem afin de nier tout lien entre Israël et les Juifs

– Hébron, Hevron en hébreu s’appellera désormais « Al Khalil ». Vous n’ignorez pas, Mesdames et Messieurs, (1) que c’est à Hébron que David fut sacré roi et qu’il fit de cette ville la capitale du Royaume de Juda; (2) que c’est dans cette ville que les Patriarches – Abraham, Isaac et Jacob- et leurs épouses furent enterrés. Mais qu’importe l’Histoire, n’est-ce pas? C’est une science démodée!

– Le Tombeau de Rachel : Troisième lieu saint du judaïsme depuis 1700 ans est rebaptisé « Mosquée Bilal bin Rabah ». Pour islamiser « La Tombe de notre maman Rachel », il a suffi que l’UNESCO définisse le Tombeau de Rachel comme étant une mosquée! Et cela bien qu’il n’y eut jamais de mosquée!

Puis en 2015 : L’Unesco adopte une résolution dans laquelle il est dit que le site « tombe de Rachel »/ »Mosquée Bilal bin Rabah » est «une partie intégrante de la Palestine ». Seuls 6 pays sur les 58 États membres du Conseil exécutif se sont prononcés contre cette résolution!

– Le Caveau des Patriarches : Deuxième lieu saint du judaïsme après le Mont du Temple est rebaptisé « Haram Ibrahim » (Mosquée d’Ibrahim). En octobre 2015, à la faveur d’une déclaration de l’Unesco (6 voix contre seulement sur 58!), ce lieu saint devient un site musulman! À cette même date, les Palestiniens avaient souhaité islamiser en même temps le Kotel (le Mur occidental), mais le Conseil refusa. C’en était trop pour une même résolution! Mais votre « militant pour la paix » savait bien ce n’était que partie remise. Qui plus est, il gagnait à attendre puisque, un an plus tard, le 13 octobre 2016, il obtiendrait que Jérusalem soit décrite comme la « capitale occupée de la Palestine »!

– Jérusalem : Le Mont du Temple : Premier lieu saint du judaïsme fut rebaptisé « Al-Haram Al Sharif ». Déjà en 1996, Arafat en parlant du Kotel avait déclaré « Ce n’est pas du tout le mur des Lamentations, mais un sanctuaire musulman ». Et son successeur, « l’ange de la paix », a commencé par exiger des médias occidentaux que le  Mont du Temple  soit remplacé par « Esplanade des mosquées ». Et il a obtenu satisfaction! Ainsi, grâce à lui, un mensonge est devenu, à force d’être répété, une vérité.

La Résolution 200/EX25 intitulée « Palestine occupée » nie tout lien entre le peuple juif et le Mont du Temple. Pour mieux s’en convaincre, les membres du Conseil exécutif ont éliminé toute terminologie qui renvoie au judaïsme et se sont cantonnés au toponyme arabe.
Voilà comment au fil des ans, les trois lieux saints juifs ont été progressivement islamisés (3è, 2è puis le 1er), du moins important au plus important. Comme on peut le constater, la terminologie exclusivement arabe adoptée par l’Unesco contribue à la négation du lien qui unit les Juifs au Mont du temple, mais aussi à leurs principaux lieux saints, et en fin de compte à la Terre d’Israël.

– Étape 3 : la Résolution 2334, énième résolution contre l’État juif, mais contrairement aux autres, elle a été votée par le Conseil de sécurité de l’ONU sans qu’aucun des membres n’y oppose son veto. Elle exige l’arrêt des constructions dans les territoires (les colonies) qu’on prétend « palestiniens ».

Si Abbas a pu aller aussi loin et poursuivre sans coup férir le révisionnisme auquel il est accoutumé, c’est d’une part grâce à vous qui avez accepté de voter pour des résolutions qui auraient dû vous faire ruer dans les brancards si vous aviez éprouvé le moindre sentiment positif pour Israël, et d’autre part grâce à l’État juif lui-même qui avant la Résolution 2334 avait laissé faire.

Le problème avec ces multiples résolutions, ce n’est pas tant qu’elles encouragent le terrorisme que le fait qu’elles révèlent combien l’antisémitisme est encore bien vivant au sein d’une organisation (ONU) qui a pour mandat de veiller sur la paix.

– Étape 3 : création de l’État palestinien judenrein : Dynamisé par sa haine de l’État juif, mais aussi par celle que vous-mêmes manifestez à l’encontre d’Israël, Abbas s’est senti armé pour passer à l’avant-dernière étape : créer l’État palestinien. Il s’est dit – et il n’a pas tort- qu’il peut donc rompre ainsi avec le processus des négociations et obtenir son État – et plus tard le tout Israël- sans devoir consentir le moindre sacrifice. Certes, cela lui convient, j’en conviens!

Les conséquences d’une telle reconnaissance

Quand vous mesurerez la portée de vos décisions, bien souvent dictées par votre haine du Juif, il sera sans doute trop tard. Quand il aura obtenu son État,

– premièrement, Abou Mazen (Mahmoud Abbas) va pouvoir assouvir sa haine de l’État juif et du peuple juif : il interdira aux Juifs l’accès à leurs lieux saints pour lesquels pendant 2000 ans ils ont versé des larmes et prié. Plus que la création d’un État palestinien, il vise surtout à faire le plus de mal possible au peuple juif. Et c’est là son but. C’est certainement aussi celui d’un grand nombre de pays invités à la conférence de Paris.

– Deuxièmement, il n’aura pas de difficultés à se trouver des alliés déterminés comme lui à en finir avec l’État juif. Et ce sera le retour à la case départ!

Et Israël dans tout cela? Ce qui peut paraître étrange c’est que, de toute évidence, vous ne vous soyez pas penchés sur les conséquences d’une telle reconnaissance. Qui plus est, vous n’essayez même pas d’envisager la réaction d’Israël, comme si Israël n’était pas un acteur de premier plan.

Vous oubliez que l’État juif n’est pas la Tchécoslovaquie qui a accepté les décisions de la Conférence de Munich. L’État d’Israël est un État juif, et cela veut tout dire. Croyez-vous que vous allez le mettre devant le fait accompli et qu’il va, comme le Juif d’avant-guerre, courber l’échine et se plier aux décisions de l’Europe? Pouvez-vous imaginer le gouvernement israélien se pliant aux décisions qu’auront prises les invités à la conférence de Paris au risque de mettre en danger la vie de ses habitants, et l’existence pure et simple de son État?

Bien sûr, si Israël refuse de se plier à vos décisions, il devra subir toutes les sanctions contre lesquelles vous l’avez déjà mis en garde (interdiction pour les compagnies européennes de travailler dans les colonies, boycott de toutes les personnalités hostiles au partage que vous défendez ; refus d’accorder un visa aux habitants juifs des colonies, rappel des ambassadeurs européens, etc.).

Vous cautionnez les actes de l’AP, les mensonges de Abbas, son déni de l’histoire juive et son incitation à la haine des Juifs et vous acceptez de répondre à toutes ses demandes sans exiger quoi que ce soit en retour. Et ce faisant, vous cautionnez également le Hamas, un État islamique, car il fait partie, au même titre que l’AP, du nouveau gouvernement. Donc vous glorifiez les terroristes et, pour les récompenser, vous leur offrez le territoire qu’ils convoitent.

Mais il est une autre conséquence qui ne semble pas vous avoir effleurés : en voulant œuvrer soi-disant pour la paix, c’est la guerre que vous préparez, une guerre qui vous concernera tout autant que les Juifs, une guerre qui se déroulera non seulement au Moyen-Orient mais aussi sur le territoire européen.

Mesdames et Messieurs, avant cette conférence et avant de prendre toute décision que vous pourriez regretter, souvenez-vous de Munich et de ce qu’avait murmuré Daladier, conscient que le pire était à venir alors que le peuple croyait avoir obtenu la paix : « Ah les cons s’ils savaient ! ». Souvenez-vous aussi de ce qu’avait dit Churchill : « Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ».

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